Le travail c’est tellement de choses à la fois. C’est répondre à notre besoin d’argent et aussi rencontrer les autres.
C’est s’inscrire dans une histoire, trouver dans le regard des autres une validation de notre valeur et de notre contribution à une œuvre commune.
S’il se joue à travers l’activité professionnelle bien autre chose qu’un simple échange marchand, en quoi la reconnaissance est-elle importante dans notre travail
Tout relation humaine est un échange de signes de reconnaissance
La reconnaissance est un besoin vital. Pour Éric Berne, Médecin Psychiatre à l’origine de l’Analyse Transactionnelle) un signe de reconnaissance se définie comme « tout acte impliquant la reconnaissance de la présence d’autrui ».
Le signe de reconnaissance est un message que j’envoie à l’autre qui lui signifie que pour moi il existe, que je sais qu’il est présent.
Etre vu, connu, reconnu nous permet donc de savoir que nous existons, que nous avons une place.
Les signes de reconnaissance sont également des calories psycho-affectives dont nous avons tous besoin pour nourrir notre confiance en nous et notre estime de soi, gagner en assurance et en autonomie
La reconnaissance attendue dans le monde du travail n’est pas la reconnaissance de la personne. C’est d’abord la reconnaissance de leur travail. Ce que demandent les travailleurs c’est la reconnaissance de la contribution qu’ils apportent à la production d’une part, à la coopération d’autre part
Christophe Dejours Tweet
Des pratiques de reconnaissance au travail qui évoluent au fil des temps
La reconnaissance était auparavant souvent associée à l’ancienneté. La croyance était aussi que la reconnaissance devait se faire exclusivement de la direction vers les collaborateurs.
Aujourd’hui on comprend que la reconnaissance va bien au-delà des années de présence dans une entreprise. Et aussi que pour être dans une culture de la reconnaissance la participation de tous est nécessaire.
Différentes formes de reconnaissances peuvent être possibles au travail
- Existentielle : c’est s’intéresser à la personne elle-même, à ses opinions, ses intérêts au-delà de son titre, de son poste
- Des résultats : c’est célébrer l’atteinte des objectifs annuels et aussi les « petites victoires du quotidien »
- De l’investissement dans le travail et des pratiques de travail : ce sont les comportements qui amènent aux résultats
Si la reconnaissance n’est pas un fin en soi, c’est un moyen pour un manager ou un collaborateur de communiquer ce qu’il valorise au sein d’une équipe.
Donner des signes de reconnaissance contribue ainsi à renforcer les comportements. En effet, une personne va se conformer aux signes qu’il reçoit, positifs ou négatifs.
C’est « l’effet Pygmalion ». Cet effet a été étudié dans les années 1960 lors d’une expérience menée par Robert Rosenthal, professeur de Psychologie.
Cette expérience a permis de valider que l’être humain tend à se conformer à la longue aux signes qu’il reçoit. Le comportement d’une personne est fortement dépendant du regard porté par son entourage.
Dans le cadre du travail, un collaborateur n’aura pas le même comportement ni la même performance en fonction de la nature et l’intensité des signes de reconnaissance reçus
A l’inverse, le manque de reconnaissance est un facteur qui peut influencer négativement la santé physique et psychologique des travailleurs
Comment donner des signes de reconnaissance au travail
Veiller à ce que vos paroles de reconnaissance soient :
- Sincères
- Argumentées
- Personnalisées avec des mots ciblés
- Dosées en fonction des besoins du collaborateur
- Opportunes, c’est-à-dire au moment, dans le lieu et les circonstances justes pour les prononcer
N’offrez pas les signes de reconnaissance que vous aimeriez recevoir mais ceux appropriés au salarié(e) concerné(e) en étant vigilant aux types de signes de reconnaissance
Les 4 types de signes de reconnaissance
Les signes de reconnaissance conditionnels = ce que la personne FAIT = ACTION
Positifs
Par exemple : « ta présentation était argumentée, tu as fait un excellent travail »
Effets motivant et encouragent vis-à-vis de de la tâche
Négatifs
Par exemple : « ton dossier est incomplet. Je souhaiterais que … »
Oriente l’activité et peut avoir un effet positif pour le collaborateur si permet ici de préciser les attendus
Les signes de reconnaissance inconditionnels = ce que la personne EST = IDENTITE
Positifs
Par exemple « c’est très agréable et simple de travailler avec toi »
Renforce la confiance en soi, stimule le collaborateur, favorise son autonomie en se servant pleinement de ses capacités
Négatifs
Par exemple « on ne peut jamais compter sur toi »
Effet destructeur avec perte de confiance en soi, rupture relationnelle. Signes à proscrire quelque soit la situation , l’environnement…
En situation de travail, si vous exercez des fonctions de management, les signes positifs sont à privilégier.
Les signes négatifs conditionnels peuvent également être utilisés à condition qu’ils soient clairs et précis.
Dire seulement que vous êtes insatisfaits n’apporte aucun élément à un collaborateur. Pour être recevables, ces types de signe doivent être concrets, observables, liés à une situation donnée.
Par ce travail d’éclaircissement et de précision, c’est fournir au collaborateur des repères pour son action.
Vous éprouvez des difficultés à donner des signes de reconnaissance au travail ou vous souhaitez les améliorer ?
Identifiez vos pratiques
Donnez-vous souvent de la reconnaissance au travail ?
A qui la donnez-vous ?
Les signes donnés sont-ils conditionnels ou inconditionnels ?
Comportent-ils des informations permettant aux collaborateurs d’identifier ce qu’ils font bien et ce qu’ils doivent changer concrètement ?
Pour aller plus loin, identifiez à partir du Diagnostic EQ-i 2. O , votre compétence dans les « relations humaines ». Equilibrer, développer cette compétence c’est améliorer votre capacité à établir et maintenir des relations de qualité.

